Une récente enquête menée par l’Institut national d'études démographiques et l’Institut de recherche pour le développement, en partenariat avec Médecins du Monde, met en lumière une réalité souvent invisible : les conditions de travail des livreurs à vélo des plateformes de livraison.
👉 Cette étude, relayée notamment par Le Monde, est l’une des plus importantes jamais réalisées en France sur le sujet.
📊 Des revenus très faibles pour des semaines très longues
Les chiffres sont sans appel :
- Environ 63 heures de travail par semaine
- Pour un revenu moyen d’environ 1 480 € brut mensuel
- Soit un revenu net très faible, parfois proche de 3 € de l’heure
À cela s’ajoute une réalité peu connue :
- 75 % des livreurs utilisent un compte loué, avec un coût mensuel d’environ 528 €
- Les autres, en microentreprise, doivent payer plus de 20 % de cotisations
👉 Résultat : une rémunération réelle souvent bien en dessous du SMIC horaire.
⚠️ Précarité, santé et insécurité : un système sous tension
L’étude met également en avant des conditions de travail particulièrement difficiles :
- Fatigue chronique
- Troubles musculo-squelettiques
- Stress et symptômes dépressifs
- Accidents fréquents (plus d’un livreur sur deux concerné)
Mais aussi :
- Peur du contrôle de police
- Risques de discrimination ou d’agression
- Pression liée aux plateformes ou aux intermédiaires
👉 Ces éléments décrivent un environnement de travail instable et parfois dangereux..
🌍 Un profil de travailleurs particulièrement vulnérable
L’enquête souligne également une forte précarité sociale :
- Environ 99 % des livreurs sont des hommes
- Une grande majorité est née à l’étranger
- Une part importante travaille sans titre de séjour
- Près d’un livreur sur deux a déjà connu une journée sans manger
👉 Ces données révèlent un modèle économique reposant largement sur une main-d’œuvre vulnérable.
💡 Comprendre le modèle des plateformes de livraison
Les plateformes de type Uber Eats ou Deliveroo reposent sur un modèle d’indépendants :
- Pas de contrat de travail
- Pas de salaire minimum garanti
- Pas de protection sociale classique
- Revenus dépendants de la demande et des algorithmes
👉 Ce système permet une grande flexibilité… mais transfère aussi une grande partie des risques sur les livreurs.
🚴♀️ Kooglof : une alternative locale et responsable à Strasbourg
Face à ces constats, certaines initiatives proposent un modèle différent.
À Strasbourg, Kooglof s’inscrit dans une démarche alternative :
- Livreurs salariés, avec un cadre légal clair
- Rémunération stable et transparente
- Conditions de travail encadrées
- Logistique à vélo propre et locale
👉 L’objectif : proposer une livraison de repas plus juste, à la fois pour les livreurs, les restaurants et les clients.
🤝 Vers une livraison plus éthique ?
Cette étude relance une question essentielle :
👉 Quel modèle de livraison voulons-nous soutenir ?
Entre rapidité, prix bas et conditions de travail, l’équilibre est fragile.
De plus en plus de consommateurs et de restaurateurs s’interrogent sur :
- l’impact social de leur commande
- la traçabilité des conditions de travail
-
les alternatives locales
🔎 Lire l’article complet
👉 Pour consulter l’enquête complète, vous pouvez lire l’article original sur Le Monde ici : https://www.lemonde.fr/emploi/article/2026/03/31/semaines-de-soixante-trois-heures-moins-de-1-000-euros-net-par-mois-une-enquete-alerte-sur-les-conditions-de-travail-des-livreurs-a-velo_6675579_1698637.html